SOYEZ PRÊTS
Tous les signes sont là, si vous ne le voyez pas et si vous ne le vivez pas, c’est que vous n’avez pas à le vivre. Mais ça ne changera rien à ce qui va se produire sur terre. C’est irrémédiable, irrévocable et c’est maintenant. O.M.A.

21 mars 2017

BIDI – Q/R – PARTIE 4 – MARS 2017


Eh bien Bidi est de nouveau là.

… Silence…

Et Bidi vous écoute.

Question : pourriez-vous nous parler de l’Amour ?

De quelle façon ? Tous les gens, toutes les personnes en ce monde cherchent l’amour, expriment l’amour, que ce soit à travers l’art, les poèmes, le couple. Cet amour-là est un amour manifesté, parcellaire, et conditionné – obligatoirement. Le véritable Amour est non seulement inconditionné, mais de plus, il est cette fameuse plénitude quand le vide devient le Tout. Là est la source de l’Amour, la source de la conscience, et la source de toute manifestation. L’Amour est manifesté en chaque conscience. Derrière le voile de l’apparence, de la personne comme d’un animal, comme d’un végétal, il y a le même Amour ; sa présentation et son expression, bien sûr, est profondément différente. Cet Amour-là est vrai parce que même s’il disparaît avec la forme, il ne meurt pas, il disparaît de votre vue. Sans Amour, aucune forme ne serait manifestée et ne pourrait maintenir une quelconque manifestation.


L’Amour est quelque part la cause de toute forme et accompagne chaque forme, quelle que soit sa durée, en quelque dimension que ce soit. La meilleure traduction dans votre corps – que vous n’êtes pas – est la perception de votre coeur ; non pas l’organe mais les différentes vibrations présentes à ce niveau, mais qui sont là encore une manifestation. Trouver la source de l’Amour, c’est aller à la source de cette manifestation et à l’origine de cette manifestation. La Lumière et l’Amour naissent de l’inconnaissance et de l’ombre, du néant. Sans Amour, point d’expérience, quelle que soit la forme de cet Amour. L’Amour n’est pas une attraction. L’Amour n’est pas seulement une manifestation ou une expression de quelque chose, mais le principe même de toute conscience et de toute manifestation, où que ce soit.

Les voiles de la personne ont conditionné cet Amour par l’adhésion à l’histoire, par l’adhésion aux concepts, aux religions, aux croyances et aux relations quelles qu’elles soient. En définitive et en vérité, la source de l’Amour est le Silence, l’Éternité, la plénitude, la Joie sans objet et sans sujet, libre de tout concept, de toute idée, permettant toute manifestation. Mais dès que cela est manifesté, cela prend une forme, cela prend des idées, cela prend des représentations, des images, des énergies.

Au sein de la manifestation la plus proche de l’Amour inconditionné, il n’est ni attraction ni répulsion, il est Évidence de l’essence même de votre être, de votre nature apparente, même altérée par les voiles. Il est le fondement de la Vie, encore une fois, en toute forme sans aucune exception. Sans Amour, rien ne peut être créé ; sans Amour, rien ne peut être expérimenté. Tout peut être approché, conceptualisé, mais ce n’est pas la Vérité.

Quand vous découvrez totalement ce que vous êtes, l’Amour est là. Il n’y a pas de mots à mettre dessus car il n’est comparable à aucun amour conditionné ; même s’il y est caché à l’intérieur vous n’en voyez que l’apparence. L’Amour vrai, vous ne le trouverez jamais dans l’Illusion parce que cet Amour passera toujours, quoi que vous fassiez, et c’est normal. Il n’y a rien d’anormal là-dedans. Dans l’Illusion tout naît, tout croît, tout décroît, et tout meurt, même l’amour. Mais ce n’est pas le vrai Amour car le vrai Amour ne peut mourir ; il a toujours été là, lui aussi. Pour les Libérés, l’Amour est une telle évidence qu’il n’a pas besoin d’exprimer des concepts ou des idées par rapport à cela.

Les poètes, les artistes, les philosophes, les saints, en ont parlé toute leur vie, et l’ont manifesté à travers des charismes, à travers des processus que vous nommez spirituels, des dons de l’Esprit, le parler en langues, la lévitation, la bilocation. Ceux-ci ne peuvent se produire que s’il y a Amour le plus proche possible de l’Amour vrai. Mais là aussi, et vous le savez, il faut dépasser cela. Aller à la source et à la cause de l’Amour, au-delà de toute manifestation, au-delà de tout concept, au-delà de toute comparaison, et l’Amour est simplement être Rien, c'est-à-dire Tout. Cela rejoint ce que j’ai exprimé hier : l’humilité, la simplicité, la Voie de l’Enfance, la tension vers la Lumière, l’obsession de la Lumière, l’obsession de l’Amour, prenant toute la place des concepts, des idées, des actes.

De la même façon que vous recherchez l’Amour, tant que vous recherchez l’Amour, vous n’êtes pas Amour, parce que là aussi il vous faut, en quelque sorte, retourner à la source de l’Amour pour pouvoir vivre l’Amour, indépendamment de tout sujet et de tout objet. La meilleure traduction que vous en ayez au niveau de votre personne, quand celle-ci a laissé la place, c’est la Demeure de Paix Suprême, c’est Shantinilaya, c’est Sat-Chit-Ananda, c’est un état Turiya constant, un Samadhi constant, où aucun voile ne peut apparaître, où rien de ce qui est personnel ne peut interférer.

Être libéré, c’est être installé à la source de l’Amour.

… Silence…

L’Amour se suffit à lui-même. Quand vous êtes libérés, l’Amour est là. Il n’y a ni but ni objectif, tout au plus pouvez-vous rendre témoignage, par votre Présence, par certains mots s’adressant au-delà de la personne et au-delà du paravent, afin de stimuler, si je peux dire, ce noyau d’Éternité que vous avez perdu de vue. Quand vous avez découvert ce joyau, alors tout devient effectivement manifestation d’Amour, même si la personne ne ressent pas cet Amour ; il ne s’adresse pas à la personne, il est sans objet et sans sujet. C’est cette Présence que vous ressentez, là, que mes visiteurs ressentaient chez moi. C’est quelque chose de vaste, de plein, d’évident.

… Silence…

Voilà en quelques mots l’approche que je peux en donner, mais je ne peux pas le définir car le définir, c’est déjà le trahir.

L’Amour, c’est aussi être dans le présent, c’est ne pas dépendre d’aucune circonstance, d’aucun évènement antérieur ni d’aucune projection. C’est la Liberté du présent, c’est l’Ici et Maintenant, le Coeur du Coeur. Cet Amour-là, même s’il se manifeste, ne peut pas être coloré ou amputé de quelque idée ou concept, ou de quelque attraction envers quoi que ce soit ou qui que ce soit. Il ne fait pas de particularisme, sa valeur n’est pas différente selon les personnes, selon les sujets ou selon les objets ; il demeure identique à lui-même.

Découvrir la nature et la cause de l’Amour ne peut se vivre que par la tension vers l’Abandon ou par l’Absolu. L’Onde de Vie a porté jusqu’à votre coeur et jusqu’à votre tête la vibration, vous le savez, du centre de la Terre. Cette vibration-là fait partie des premières émanations de l’Amour et de la Vie, comme la sève de l’arbre qui monte au printemps et fait apparaître les feuilles. Pour vous, cet élan peut venir du bas, comme l’Onde de Vie, ou naître spontanément au Coeur du Coeur.

Fondamentalement, il n’y a pas de différence entre l’Absolu et l’Amour, sauf que dans l’Absolu, vous ne pouvez pas l’éprouver en tant que manifestation mais vous l’éprouvez au moment de revenir en Ultime Présence et en votre présence ordinaire, comme un sentiment de plénitude à nul autre pareil, et que vous savez pertinemment, par l’expérience, que rien de ce monde ne peut l’approcher, excepté dans sa manifestation des Flammes de l’Esprit, jumelles. Tout le reste ne peut être que conditionné. Ainsi, un poète peut s’exprimer sur l’Amour, qu’il soit personnel ou pas, un artiste peut le transcrire sur une toile, sur une sculpture, un philosophe peut en discourir, mais comment pouvez-vous discourir sur ce qui n’a pas de forme, ce qui échappe à ce monde ?

Le Libéré vit, sans se poser de questions, que l’Amour est à la base et à la source de tout mais que l’Amour vrai est en dehors de la manifestation et de l’expression ; il est ce que vous êtes. Dans cet état de plénitude où la notion d’identité, la notion de personne ne peut plus jouer aucun rôle quand l’ego est vu pour ce qu’il est, un trompeur, un séducteur, pétri de peurs. En l’Amour vrai, il n’y a aucun manque. D’ailleurs, même en Occident, vous avez eu l’exemple de mystiques qui étaient tellement dans l’Amour qu’ils n’avaient plus aucun besoin, même de manger.

Je dirais que l’Amour, enfin, pour le Libéré, est une action de Grâce perpétuelle. La meilleure image que je puisse vous communiquer en tant que personne, c’est que quand vous vivez l’Amour vrai à sa source, la seule impression que votre personne peut ressentir, c’est exactement cette expression : « se faire l’Amour à soi-même ». Et je ne parle pas de pratique sexuelle parce que cette extase-là, elle se passe dans le coeur. Elle intéresse bien sûr tout le corps, mais elle vient se renforcer de la périphérie vers le coeur. Enfin, dans l’Amour vrai, il n’y a aucun questionnement sur le sens de ce monde parce que en l’Amour, comme je l’ai dit, vous voyez les agissements de l’ego, vous voyez l’illusion des formes. Quand je dis voir, ce n’est pas une vision subtile, c’est une compréhension réelle et directe. Là est la vraie connaissance, et donc l’ignorance.

Quand l’Amour est manifesté, il peut prendre différentes colorations plus ou moins éloignées de l’Amour vrai, inconditionné, parce que tout Amour exprimé au sein d’une forme illusoire, ici en ce monde, sera toujours conditionné, ne serait-ce qu’à travers votre forme. Il est donc parcellaire. Ce qui explique que quand des situations vous approchent de l’Amour, et la sexualité en est un, vous allez avoir besoin de reproduire pour retrouver la sensation. Mais quand vous serez capables de laisser naître en vous cette même sensation, sans rien d’autre, sans relation, sans pensée, sans méditation, alors vous êtes dans l’Amour presque vrai. Vous êtes au début de la manifestation de l’Amour, et les conditionnements liés à votre forme sont limités à leur plus simple expression. À ce moment-là, cet Amour ne peut être, le plus souvent, que traduit que par le mot « plénitude », « béatitude », où tout est parfait, où il n’y a besoin ni de forme ni de personne.

… Silence…

Question ?

Question : hier, quand vous avez commencé à parler, j’ai ressenti une expansion partant de la poitrine et s’étendant à tout le corps. Cela venait du fait que je ressentais l’Amour à travers vos mots et j’en ai pleuré de joie.

Je te remercie, mais tu as raison. En tant que personne sensible, cet Amour-là naît spontanément, même s’il y a un déclencheur qui, ce cas-là, ont été mes mots, et comme tu le décris, c’est une sensation. C’est la meilleure traduction pour la personne, qui peut être accompagnée de l’émotion ultime qui est liée à la reconnaissance de toi-même. Donc c’est toi qu’il faut remercier. Cet Amour-là ne peut être comparé à rien d’autre. Le vivre, ne serait-ce qu’une fois, laisse un souvenir impérissable tant que la forme est là. L’erreur serait de vouloir répéter cette expérience ou cet état en y pensant, parce qu’il est toujours là, même s’il n’est plus ressenti. Étant toujours là – il est impossible d’ailleurs qu’il en soit autrement –, le ressenti a rendu témoignage de l’Amour. Il n’y a donc pas à le rechercher, il y a juste à le laisser éclore, si je peux dire, de façon naturelle.

Un enfant qui n’a pas encore la conscience de sa personne, avant trois ans, cet Amour-là, qui est lié à sa Présence non encore individualisée malgré la présence de sa forme, est certainement le plus proche de la source de l’Amour. Ce qui fait obstacle à l’Amour vrai, c’est uniquement l’illusion de se croire une personne et de se croire aimer un objet ou un sujet. Comme cela vous a été dit, il faut en priorité vous aimer vous-mêmes, non pas dans votre personnage, non pas dans votre forme ni dans aucune histoire. Vous aimer vous-mêmes va de soi, puisqu’il n’existerait aucune vie, aucune manifestation de la conscience sans Amour.

Même si vous ne l’avez jamais vécu, lorsque vous le vivez, cela ne laisse planer aucun doute pour quiconque, et si cela vous tombe dessus, quelles que soient vos croyances encore présentes, quelles que soient les séductions de votre histoire, vous savez que l’essentiel est là parce que vous l’avez vécu. Alors après, bien sûr, si ce n’est pas stabilisé, si vous n’avez pas abandonné la personne, vous allez essayer de faire rentrer cet Amour, principiel si je peux dire, selon vos concepts, selon des objets ou des sujets. L’Amour le plus proche de l’Amour vrai est donc l’Amour tourné vers soi, au-delà de la forme, et je dirais même au-delà de la manifestation même de cet Amour tel que vous les connaissez.

L’Onde de Vie, lors de sa naissance, pour ceux qui l’ont vécue, était un état de jouissance quasi sexuelle mais qui montait au coeur, qui ne restait pas dans le bas du corps. Là, il y avait mouvement, aujourd’hui il y a immobilité, et donc vous approchez, que vous le vouliez ou non, de la source de l’Amour.

Trouver la source de l’Amour, l’Amour vrai, en rejoignant en quelque sorte la première manifestation de l’Amour qui naît effectivement dans le coeur, vous êtes au plus proche de ce que vous êtes, même si cela se traduit dans votre corps et dans votre histoire. Ne cherchez pas, à ce moment-là, à relier cela – vous ne le pourrez pas, d’ailleurs – à d’autres expériences antérieures de l’Amour quel qu’il soit, en votre personne.

S’il disparaît, comme ce fut le cas pour certains d’entre vous lors de certaines expériences dont vous avez témoigné, aucune inquiétude. Vous avez vu, vous avez vécu, quelles que soient les difficultés de votre personne encore présente.

N’oubliez pas que si vous voulez vous installer là, il n’y a rien à faire. Ne pas poser d’étiquettes, ne pas poser de concepts et laisser les choses se faire d’elles-mêmes. Vous ne pouvez rien faire, tout ce que vous ferez n’est issu que de la personne. Autrement dit, l’Amour est un état naturel et spontané, qui est tout le temps là mais que les voiles de la personne, de l’ego, des pensées, des émotions, des concepts, des histoires, viennent en quelque sorte souiller et corrompre, modifier, amoindrir, transformer ce qui n’a pas à l’être.

Je le répète pour terminer, le plus proche de ce que serait l’Amour, c’est le moment où vous percevez que tout est vide, que tout est plein, que quelque chose au sein de la personne part du coeur, du Coeur du Coeur même, qui n’est pas seulement le chakra du coeur, bien sûr, mais toute la poitrine. D’ailleurs certaines expressions ont été employées, comme la Couronne radiante du coeur, le Coeur Ascensionnel, le coeur vibral, le Coeur du Coeur, la Nouvelle Tri-Unité. Tout ça correspond à la même chose, sous des vocables différents et des différences minimes de manifestation. Vous ne pouvez pas contrôler ce que vous êtes, vous ne pouvez que capituler en tant que personne pour le laisser, si je peux dire, fleurir et être éternel, quelle que soit votre forme, quel que soit votre devenir, quels que soient les obstacles ou les maladies.

… Silence…

Le Libéré est en état d’Amour constant, quoi qu’il dise, quoi qu’il manifeste. Il n’est pas dupe, ni de la forme, ni des concepts, ni de quoi que ce soit concernant ce monde.

… Silence…

Question ?

Question : les mantras peuvent-ils être intériorisés ou doivent-ils être verbalisés ?

Qui, mieux que toi, peut avoir la réponse ? Tu poses une question intellectuelle, essaye par toi-même et tu verras. Pourquoi veux-tu qu’une autorité extérieure te donne la réponse ? Fais les deux, et vois, car pour chaque personne, la réponse est différente ; donc c’est à toi qu’il appartient de le vérifier. À toi de trouver ce que tu perçois comme le plus efficace pour toi, au-delà de ta personne. N’écoutez jamais un ouï-dire, une connaissance extérieure. Tant que ce n’est pas validé par votre vécu, et pas par votre mental, comment voulez-vous, ne serait-ce qu’avoir l’illusion de progresser quelque part ?

Cela a été la même chose pour tout ce que vous ont communiqué les Anciens, que cela soit le Yoga de l’Unité, le Yoga de la Vérité, que ce soit la Danse du Silence, que ce soit les procédés que vous utilisez avec des cailloux, pour les assignations vibrales, pour autre chose. Tant que vous n’avez pas expérimenté, vous pouvez discourir à l’infini, et qui discourt, si ce n’est la personne qui fait tout, dans les stratagèmes de l’ego, pour éviter d’expérimenter. L’Amour doit être responsable. Il n’y a pas d’autre responsable au monde que vous, quels que soient les maîtres de l’Illusion, quel que soit ce que vous avez vécu. Rappelez-vous les notions d’Autonomie, de Liberté et de Responsabilité.

Osez. Osez être ce que vous êtes. Vous n’avez besoin d’aucune autorité extérieure, et je ne serai certainement pas cette autorité. Je ne fais que vous dire le Vrai, le reste vous concerne, car si j’oriente votre décision, concernant aussi bien un mantra qu’une technique, vous allez vous y conformer. Ça, c’est bon pour la personne mais pas pour la disparition de la personne. Alors bien sûr, il est quand même évident que plus la personne est affinée et expansée en vibration, plus il est facile d’entre-apercevoir la Vérité, mais l’entre-apercevoir, l’expérimenter, et y être installé, ce n’est pas la même chose. Il faut éprouver par vous-mêmes, et rappelez-vous je ne m’adresse pas à la personne – quand c’est à la personne, je le dis.

Il a toujours été dit que la seule force de l’univers est l’Amour, mais ça sert à rien de le dire. Prouvez-vous-le, aimez-vous vous-mêmes et reconnaissez votre Liberté. Reconnaissez l’illusion de ce corps, l’illusion de ce monde, sans rien rejeter, et à ce moment-là, vous serez libres. Libres de concepts, libres de tout, quel que soit le sort de ce corps, quelles que soient ses limites qui, de toute façon, ne dureront jamais au-delà de la mort.

… Silence…

Question ?

Question : beaucoup de maîtres ont vécu cette plénitude, pourquoi l’Absolu ne s’est-il pas manifesté à eux ?

Parce que tous ces maîtres, et je l’ai évoqué hier, ce sont arrêtés en chemin. Ils se sont arrêtés au Soi, parce que le Soi est un grand séducteur. Trouvez le « Je suis », je l’ai toujours dit, et après débarrassez-vous du « Je suis ». « Je suis » veut dire simplement être là, exister, se tenir en dehors de la Vérité, en dehors de l’être. Trouver l’être au sein de l’existence, tout le reste découle de là. L’Amour n’est jamais un effort. Je l’ai dit, beaucoup de gurus se sont arrêtés à ce stade, pourquoi ? Parce qu’il y une autocontemplation du Soi et que surtout ils sont aimés, adulés. Est-ce ça le véritable Amour ? Merci, pas pour moi.

Ces maîtres-là entretiennent une dépendance. Où est votre Autonomie, où est votre expérience ? Les vraies transmissions du Satguru à son disciple préféré existent bien sûr en Orient, mais c’est quelque chose d’extrêmement rare. Même ceux qui ont soi-disant pris ma suite ne sont que des singes ; ils m’imitent. Être vrai ne peut pas imiter quiconque, ni le Christ, ni Bouddha, ni tel grand maître ou tel autre grand maître. Regardez, par exemple, vous avez un être qui a, au début du XXème siècle, été certainement au coeur de la Vérité, c’était Maharshi – un Ami vous le nommez, je crois, vous pouvez le dire maintenant. Tous les autres qui ont été ses fils spirituels, ont tous perdu l’Absolu. Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ils ont parlé du Soi, ils glorifient le Soi. Vous voyez l’erreur ? Ah, bien sûr, se présenter en robe blanche ou jaune avec un collier de fleurs et un grand sourire, ça séduit, mais moi je ne veux pas vous séduire. Quel intérêt ?

Et je crois d’ailleurs que le Commandeur vous avait largement expliqué cela, mais il n’y a rien à critiquer. Je dis simplement que ce sont des expériences mais que ce n’est pas vrai. Est-ce que ça veut dire pour autant que c’est l’ombre ou que c’est opposé à la Lumière ? Non. Ça veut dire que c’est incomplet, tout simplement. Le vrai Libéré aujourd’hui, dans votre monde, il n’a pas besoin de le dire, il n’a pas besoin d’écrire des livres, comme tous ces gens de ce que vous nommez, je crois, le nouveau advaita ou le néo advaita, parce que les mots sont les mêmes, mais le vécu il est où ? Comment est-ce que quelqu’un qui est Absolu peut glorifier le Soi ? Maharshi l’avait dit : « Trouver le Soi, et après découvrir que vous n’êtes même pas le Soi ». Il n’y a pas d’erreur, il n’y a pas de fausseté, il y a juste incomplétude.

Je n’ai jamais créé d’école, je n’ai jamais rien écrit à part des poèmes, lors de ma Libération, à trente-trois ans, après trois ans auprès de mon guru. Et je vous l’ai dit, il m’a dit simplement deux phrases. Je n’avais besoin de rien d’autre, et vous non plus. Rendez-vous compte, vous cherchez des modèles, mais il n’y a pas de meilleur modèle que ce que vous êtes, ne vous laissez pas abuser par les manifestations de ceux qui sont dans des robes jaunes, ou blanches, avec des guirlandes de fleurs, ou qui trônent sur des sièges au-dessus de vous. J’étais au même niveau, il n’y a pas de différence. Il y a simplement une clarté différente, mais fondamentalement il n’y a aucune différence.

Déjà, de mon vivant, nous étions très loin des principes des grands maîtres, des authentiques maîtres, je parle là de Shankara, je parle là de Lao Tseu, je parle là de Shirdi Sai Baba et non pas Sai-Baba. Je pourrais en parler d’autres, y en a eu, bien sûr. Le véritable maître ne veut ni école ni élèves. Il vous laisse libre, totalement, il ne veut aucune adhésion, il ne veut rien. Tout au plus, un maître du Soi peut-il être un guide un certain temps, mais c’est tout. Le véritable maître n’a pas besoin d’écrire, il n’a pas besoin de disciples, il n’a pas besoin d’école. Il est le témoignage vivant, il n’a besoin de rien d’autre.

Je dirais que c’est pourtant simple à voir, mais vous ne voulez pas voir. Le chercheur dit : « Je veux la Liberté, je veux être libéré », mais je l’ai dit, le chercheur est le cherché. À partir de là, vous voyez la séduction ? Même si ce maître est bienveillant, il ne peut vous conduire, il ne peut pas vous prendre par la main. Il y a eu de très rares cas de transmission d’un maître authentique, réellement, à un disciple, mais jamais plus de un. C’est logique. Mais rappelez-vous qu’en Inde, la culture n’est pas la même qu’en Occident, que les concepts ne sont pas les mêmes – la finalité est exactement la même – mais regardez, même en Inde, les gurus pullulent. Ils ont besoin d’être aimés, ils sont incapables d’être l’Amour et l’incarnation de l’Amour. Bien sûr, certains ont reconnu l’Absolu, et le Commandeur en fait partie, je crois. Il savait qu’il y avait quelque chose au-delà mais le temps n’était pas venu, d’où sa proximité avec l’humanité, et c’est très bien. Il n’y a aucune critique dans ce que je dis, mais simplement, voyez clair.

… Silence…

Question ?

Question : depuis hier, je me répète cette phrase : « Je ne suis pas cette personne, je ne suis pas ce corps », et une autre question a surgi naturellement : « Qui suis-je ? ». Quand j’essaye d’y répondre, je vois que je n’arrive pas à localiser d’où vient ma conscience…

Mais c’est normal, tu es de partout, le monde est toi.

Question : j’observe mon ego qui…

Qui panique, c’est normal.

Question : oui, qui panique.

Eh ben laisse-le paniquer. Plus tu paniqueras, plus tu seras libre, ce sont les sens de mes mots. Nous ne sommes plus il y a quelques années, nous ne sommes plus au moment où j’étais vivant, incarné parmi vous. Rappelle-toi le témoignage de ta soeur, de notre soeur. Il y a eu effectivement le sentiment de panique, et tous ceux qui passent par l’Absolu, que ce soit Maharshi, vous avez nécessairement à traverser l’angoisse de la mort et de la perte de l’individu et de la forme. Alors affronte cela. Que va-t-il t’arriver ? Regarde ta panique, regarde le vide, regarde ce néant. Aies-en peur, mais ne fais pas demi-tour. Ose, de la même façon que tu oses t’adresser à ton banquier pour lui demander de l’argent. Ose être ce que tu es. Y a que toi qui peux répondre à cette question.

Si tu dis : « Qui suis-je ? », je te réponds : « Tu es celui que tu es ». Bien sûr, c’est un vide incommensurable pour l’ego, n’écoute pas ce qu’il dit. Qui décide ? D’autant plus que tu vois l’ego, est-ce lui ou est-ce toi, quoi qu’il sécrète dans ton corps, quoi qu’il noue dans ton corps? Il suffit qu’il y ait cette panique pour que tout de suite, tout le monde, se réidentifie au corps. Ça s’appelle le réflexe de survie de l’ego, c’est le gardien du seuil. Mais je ne peux pas t’emmener de l’autre côté, je ne peux espérer que te botter les fesses pour que tu ailles droit là, mais je ne peux pas te guider autrement. Saisis cela, tu es seul, totalement seul, il n’y a rien d’autre.

Bien sûr l’ego panique, à ces mots. Il ne supporte pas la solitude, il a toujours besoin d’un objet, d’un sujet, d’un concept, d’une idée, d’une émotion.

Question : il y a une partie de moi qui a envie de plonger quand même…

C’est pas une envie. Tant que tu dis « envie », c’est la personne. Laisse se faire ce qui se fait, tu n’as rien à faire. La Liberté fait peur parce que la Liberté signifie la fin de toute histoire, de tout mensonge, la fin définitive de l’Illusion, quelle que soit l’illusion de ce corps qui reste. Ce que je peux te dire, par contre, c’est que quand tu auras réellement vécu cela, plus rien ne sera comme avant. Tu le verras dans ton corps, tu le verras dans ton ego, puisque la personne sera toujours là, bien sûr, même si vous n’êtes pas cette personne. Il n’y a personne, d’accord, mais vous avez un véhicule. Ose traverser tes peurs. Que risque ton véhicule ? Sois logique. Tu es assis sur une chaise, tu n’es pas au bord d’un précipice. C’est ton mental qui te dit qu’il y a un précipice et un trou. Tu es assis confortablement sur une chaise ; à part ton mental, quel est l’obstacle ?

Question : aucun.

Merci.

Vous arrivez tous, collectivement, que vous le vouliez ou pas, à ce seuil. Faites-le maintenant et vous serez débarrassés. Vous serez tellement dans cette jouissance de la plénitude que vous n’attendrez plus quoi que ce soit. Ça ne changera rien pour vous. Et c’est là, en te libérant toi-même, que tu rendras le plus grand service et la plus grande dévotion à la Vie et à l’Amour, par ta simple présence, de la même façon que vous avez été des ancreurs et des semeurs de Lumière.

Bien sûr qu’il y a une histoire qui se joue – c’est la fin d’un cycle, je l’ai dit – mais tu n’es aucune histoire, et ta meilleure place, c’est en dehors de toute histoire, dans le présent. Rendez-vous compte que là, cette panique n’est ni un réflexe de survie, si ce n’est de l’ego. Le corps, il sera toujours là après, tes enfants, ils seront toujours là, ta femme sera toujours là, mais tu ne verras plus que ça, tu verras autre chose.

Qui veut ici me poser une question aussi précise ?

Question : j’aimerais témoigner de la force d’amour qu’il y a dans le matraquage verbal que vous utilisez pour nous faire lâcher. C’est ce que j’ai ressenti hier, quand ma tête n’arrivait plus à comprendre le sens de vos mots mais s’accrochait à la sonorité qui me portait et que je sens aujourd’hui si remplie d’amour que je sais que c’est votre amour qui m’a permis de traverser.

Parce que je t’ai montrée à toi-même, je n’ai rien fait. Tu es allée au-delà des cris et tu témoignes aujourd’hui que c’est très simple. N’a-t-on pas l’air ridicule de ce qui était avant ?

Sans culpabilité, si tu regardes en arrière, tu ne peux que dire : « C’est affreusement simple », et d’ailleurs tous les Libérés vous le disent sans arrêt. Le maître qui n’est pas libéré va vous entraîner dans des bhajans, dans des asanas, dans des yogas, dans des dévotions, dans des adorations, sous prétexte qu’elle serait la Mère Divine ? Mais rendez-vous compte. L’imposture a assez duré.

Rendez-vous compte du ridicule de ces peurs, là dans l’instant, je ne parle même pas de votre mort.

Question.

Question : quand je regarde dans les yeux de mon dragon, qui n’est pas mon dragon d’ailleurs, je suis noyée dans l’Amour de son regard et maintenant je disparais. Je ne suis plus là mais je sens toujours l’Amour. Est-ce une illusion ?

Et as-tu idée de regarder tes propres yeux dans le miroir, tu auras le même effet.

Question : oui, je vais peut-être le faire…

Et d’ailleurs c’est ton dragon, puisque tu es le monde.

Question : les yeux du dragon sont plus grands.

Mais qu’est-ce que la taille à avoir là-dedans ?

Question : ça a été le déclencheur.

C’est très bien.

Question : tout en ayant disparu, je ressens encore l’Amour. Suis-je dans l’illusion ?

Mais c’est normal. La personne, tu n’es pas cette personne mais je n’ai jamais dit que y avait… Y a personne, effectivement, mais ton corps, ton entité, elle est bien là, non ? Donc c’est manifesté. Donc c’est normal de ressentir l’Amour, dans ta vie de tous les jours, dans tes rencontres.

Question : mais, dans cet Amour, je disparais.

Mais c’est normal. L’Amour vrai ne peut que te faire disparaître, de tout concept, de toute forme et de toute identité.

Question : c’est normal de ressentir l’Amour ?

À l’état, aujourd’hui, tout de suite ?

Question : dans cette disparition, je ressens encore l’Amour.

Mais c’est normal, sans ça tu ne pourrais témoigner de rien, tu es à l’Infinie Présence. Tu vois tous les possibles, tu t’es noyée dans l’Amour, et tu es sauvée – et réalises qu’il n’y a rien à sauver d’ailleurs.
Question : on est bien comme ça.

C’est la tranquillité. Vous n’êtes plus affectés, vous vivez votre vie, vous allez manger votre glace si vous voulez, vous allez au restaurant, au ski, à la montagne, à la mer, au casino, je ne sais pas moi, peu importe. Quand tu es vivant, il faut vivre.

La quête est terminée dans ce que tu décris. Va et vis. Comme je disais à l’époque, je te renvoie chez toi. Je demandais aux gens ce qu’ils faisaient là. Bon d’accord, ici vous êtes des amis, et c’est l’amitié qui vous réunit, c’est pas moi, c’est pas celui qui parle. Vous sentez bien, quand même, vous le dites, vous voyez bien la différence entre ici et ailleurs, vous voyez bien la différence quand vous êtes avec les frères et soeurs, les amis. Tout Libéré vivant que j’étais, j’étais obligé de me déplacer au centre des impôts pour payer mes impôts, c’est logique ; y a aucune incompatibilité, sauf pour l’ego bien sûr. C’est l’ego qui vous monte tout un cinéma. Aujourd’hui vous le voyez plus que jamais, vous employez tous ces termes, vous voyez votre ego.

Question : quand j’arrive dans le vide sans être passée par l’Amour du dragon, je suis dans le vide mais je m’entends me dire : « Je suis dans le vide ». Si je pense, je ne suis plus dans le vide ?

Je viens de te dire que si tu étais totalement dans le vide, que pourrais-tu ramener de plus que dans le sommeil sans rêves ? Rien. Mais dès que tu entres en manifestation, c'est-à-dire dans ton corps, tu ressens cet Amour.

Question : je le ressens même quand je suis dans le vide.

Mais oui, en Ultime Présence, avant l’extinction de la conscience elle-même, le vide est déjà là. Tu ressens l’Amour, mais à l’ultime… pas stade mais état réel, le seul mot qui peut venir, c’est que ce rien est Tout : c’est l’Absolu. Et je te propose de rendre grâce pour sentir cet Amour dans ta forme. L’Amour et cette plénitude.

Question : quand je suis dans la forêt, par moments je me sens couverte d’Amour, j’ai le corps qui s’expanse et je me sens bien.

L’Amour est encore manifesté, mais tu connais la source de l’Amour, est-ce que c’est contradictoire ? Béni soit celui qui ressent cet Amour où qu’il soit, en face d’un dragon, en face de sa femme, en face d’un enfant, en face de la nature. C’est l’Absolu dans la forme. Mais je te rappelle ma première phrase : tu peux aussi te regarder dans le miroir et vivre la même chose, avec tes yeux, même plus petits.

Question : je vais essayer.

Tu vas pas essayer, tu vas le faire et le réaliser. Déjà quand tu dis « Je vais essayer », ça veut dire quoi ? C’est que tu supposes que ça peut échouer. Qui parle ?

Question : je vais le faire.

Question, ou témoignage, ou chose à dire.

Question : j’ai vécu l’Infinie Présence dans la Lumière Blanche infinie qui n’avait pas d’espace et pas de limites, avec un champ d’Amour qui emplissait tout…

La Demeure de Paix Suprême.

Question : qu’est-ce qui fait qu’à un moment, l’absence de Lumière se présente à la place de l’Infinie Présence ?

Quand tu ne tiens plus à aucune manifestation de Lumière Blanche. Le Libéré vivant ne voit pas de Lumière, tout au plus est-il dans le bleu sombre ou dans le noir. Les yeux fermés il ne voit rien. Il peut aussi voir – lors de certains états, mais qui ne peuvent pas durer –, le Tout, comme notre soeur l’a décrit. Mais la Lumière Blanche n’est pas un but, elle est une certitude de la réalité de l’Amour et de la Lumière, mais d’où vient cette Lumière ? Qu’est-ce qui est à l’origine de cette Lumière ? C’est ce qui est au-delà, derrière si tu veux, au Centre. Alors, bien sûr, la Lumière Blanche est aussi une séductrice, c’est le supramental, celle que Sri Aurobindo avait vu sa descente, c’est ce que vous vivez. Mais c’est pas le but, c’est un moyen.

Question : j’ai vu également du noir avec au centre un papillon noir qui était brillant.

Et ?

Question : qu’est-ce que c’était ? Était-ce quelque chose qui s’approchait de ça ?

Non puisqu’il y a représentation et forme, c’est toujours l’Infinie Présence. Rappelle-toi ce qu’a dit notre soeur, ce que j’ai dit, ce que d’autres ont dit, la Lumière Blanche est le reflet du Soi. C’est déjà extraordinaire, je te l’accorde, mais ne t’arrête pas là. Quand je dis ne t’arrête pas là, ça ne veut pas dire de bouger ou de te déplacer, ça veut dire justement cesser de percevoir, cesser de ressentir, pas par la volonté, pas par un désir, pas par une technique. Acceptes-tu de tout perdre, même cette Lumière Blanche ?

Cette Lumière Blanche est en quelque sorte l’image de la plénitude, la première manifestation de la plénitude, c'est-à-dire de l’Absolu, du Parabrahman. Tu te situes ici dans ce qu’on appelle l’Atman, il y a encore une personnalisation. Je ne dis pas ego mais encore, quelque part, l’attachement à la forme, pas nécessairement la tienne. Tu as besoin de ce repère, pour l’instant. Notre soeur a lâché ce repère. Bien sûr il y a ce vide ou cette panique, comme notre frère l’a dit, mais faut pas faire demi-tour. Il faut rien. Il faut se laisser traverser, ne rien accrocher, aucune forme, aucune Lumière, aller au-delà.

Question : juste être, à ce moment-là.

Ça c’est un bon mantra.

Mais je préciserais : juste être, à condition d’être juste.

… Silence…

Autre chose ? À dire, à exprimer, à questionner ?

Nous n’avons plus de questions.

Alors, Bidi va vous saluer, et s’il en a la possibilité, il reviendra avec un autre marteau.

Et Bidi vous aime, au-delà de toute forme.

Alors je vais faire comme le Commandeur : à bientôt. Au revoir.