SOYEZ PRÊTS
Tous les signes sont là, si vous ne le voyez pas et si vous ne le vivez pas, c’est que vous n’avez pas à le vivre. Mais ça ne changera rien à ce qui va se produire sur terre. C’est irrémédiable, irrévocable et c’est maintenant. O.M.A.

18 janvier 2017

Bordeaux : les étourneaux envahissent l’hôpital Charles-Perrens

Les étourneaux ont envahi le centre-ville depuis deux mois et investi pour la première fois les arbres de l’hôpital Charles-Perrens la nuit provoquant des désordres inédits. En une seule journée, 600 kilos de fientes ont été récoltés, sur un seul des trois sites envahis de l’hôpital

Des employés aux espaces verts pris de vomissements alors qu’ils nettoient les déjections des volatiles dans l’enceinte de l’hôpital Charles-Perrens. Des visiteurs qui glissent sur les tapis de fientes. Des camionnettes de livraisons d’aliments pour la cantine centrale qui patinent, des voitures qui dérapent. Et ce bruit entêtant tous les soirs, lorsque les milliers d’étourneaux viennent se cacher dans les arbres de l’hôpital pour dormir.

Antoine de Riccardis l’avoue : « C’est la première fois. Nous sommes désemparés, tout ce que nous avons tenté de mettre en place comme solution n’a pas été efficace. Les fientes sont corrosives, abîment les sols, les bancs, les espaces verts, dégagent des odeurs violentes, provoquant des vapeurs un peu toxiques. Les autres années, nous avions un couple de faucons crécerelles qui logeait dans l’ancien château d’eau et devait effrayer les étourneaux… Eux partis, les oiseaux ont choisi de venir nicher ici. »

Les nuisances, certes, ont créé pas mal de désordres à l’intérieur du site hospitalier psychiatrique, également du côté du CHU Pellegrin, et partout autour dans le quartier. Mais la présence des inoffensifs étourneaux a aussi provoqué un vent de psychose. « Mon mari a été pris de vomissements sur son lieu de travail, alors qu’il travaillait à l’extérieur et il n’est pas le seul. Ces oiseaux transportent des maladies… Plus personne n’ose assurer le nettoyage », a déclaré l’épouse d’un salarié de l’hôpital.

Souris, rats, chenilles

Marina Rodriguez, responsable du pôle logistique de Charles-Perrens, se débat avec les nuisibles de toutes sortes, souris, rats, chenilles processionnaires, frelons asiatiques, mais n’avait jamais « combattu » des étourneaux. Elle en est toute retournée. « Depuis vingt ans que j’assure ce poste à l’hôpital, c’est du jamais vu ! D’abord, nous avons pensé pouvoir gérer ça. J’ai contacté la mairie de Bordeaux, mais les méthodes mises en place dans le centre-ville, ne peuvent s’adapter dans l’enceinte d’un hôpital psychiatrique. Les pétards etc. peuvent effrayer les patients. Nous avons tenté de créer notre propre méthode, notamment en faisant du bruit avec des cymbales, des tambours, évitant les unités de soin. Mais on a fait partir quelques oiseaux seulement. Nous avons tenté de nettoyer nous-mêmes les déjections au sol, mais tout était incrusté, et les nettoyants haute-pression ont généré des émanations gazeuses provoquant des malaises chez le personnel. Un véritable casse-tête. »

Depuis un mois, les hêtres et le séquoia sont habités la nuit et servent de dortoir aux milliers d’étourneaux. La Ligue de protections des oiseaux d’Aquitaine ne s’indigne pas. « Le problème est le même chaque année, à la même époque. Les oiseaux sont grégaires en hiver, ils repartent avec le printemps. Ils sont attirés par la lumière dès que le jour tombe et filent se cacher dans les arbres. D’autres sites sont envahis, ils ont dû apprécier l’accueil des jardins de Charles-Perrens. Un conseil : ne jamais les nourrir. C’est d’ailleurs interdit. »

600 kilos de fientes

Finalement, cette semaine l’hôpital Charles-Perrens a embauché une équipe de nettoyeurs professionnels, la société ISS Hygiène et prévention de Bruges. En une seule journée, 600 kilos de fientes ont été récoltés, sur un seul des trois sites envahis de l’hôpital. Le nettoyage va durer plusieurs jours, et il faudra peut-être recommencer. « Je ne renonce pas, assure Marina Rodriguez, nous avons loué un matériel adapté, un effaroucheur sonore qui imite les cris des geais, mais avec un peu de chance, ils ne reviendront pas… »

La bonne nouvelle : voilà deux ou trois nuits que les oiseaux ont déserté les cieux de Charles-Perrens. Le froid les a peut-être chassés vers des cieux plus cléments.

Mériadeck, pey-Berland, République…

Lassé par cette histoire d’oiseaux, Jean-Louis David, adjoint à la vie urbaine de Bordeaux, s’avoue vaincu. « Il n’y a pas grand-chose à faire de plus. Le service d’hygiène et santé de la Ville se sont attelé au problème depuis deux mois. Ils sont passés partout, Mériadeck, Pey-Berland, place de la République, en gros partout où il y a des arbres. Les pins de Mériadeck sont complètement abîmés, mais le site le plus envahi a été sans aucun doute Charles-Perrens. »

Les techniques d’effarouchage ne manquent pas : répulsion sonore avec des pétards crépitants, lasers ou cris de geais… « Ils reviennent quand même, on sait qu’en agissant ainsi on les envoie ailleurs. Nous avons mené des campagnes d’effarouchage dans plusieurs quartiers. Mais nous sommes quand même assez impuissants. » À Mériadeck, les sols étaient également recouverts de fientes, tout comme les bancs et autres aménagements urbains.

Source: sudouest.fr

Merci à Claire pour l'info.

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