SOYEZ PRÊTS
Tous les signes sont là, si vous ne le voyez pas et si vous ne le vivez pas, c’est que vous n’avez pas à le vivre. Mais ça ne changera rien à ce qui va se produire sur terre. C’est irrémédiable, irrévocable et c’est maintenant. O.M.A.

20 novembre 2016

Oh lala, les pauvres! Ces ultra-riches sont prêts à tout pour devenir immortels

Comment les plus riches investissent-ils dans la course au temps pour ne pas vieillir, pour vivre plus longtemps ou même échapper à la mort ? Voici notre dossier.

Prise d'hormones de croissance à l'âge adulte, transfusion de sang "de jeune", transfert de la conscience dans un autre organisme... Faire appel aux nouvelles technologies, jusqu'aux plus futuristes, pour vivre beaucoup plus longtemps, relève-t-il de la science-fiction ou du futur proche ? Des super-riches investissent déjà dans cette course contre la montre biologique. 


Pour Christophe de Jaeger, médecin physiologiste, directeur de l'Institut de médecine et de physiologie de la longévité à Paris et auteur de "Nous ne sommes plus faits pour vieillir", "la médecine régénérative va tenir un rôle de plus en plus majeur dans les années à venir. Cette nouvelle médecine va s'imposer dans notre environnement et va de plus en plus faire reculer ceux qui pensent qu'il ne s'agit que de fantaisie ou de science-fiction". Les milliardaires, comparés par l'écrivain et journaliste scientifique Jean-Paul Fritz à une future élite de "jeunes riches, vampires ou cyborgs", ne vont-ils toutefois pas un peu loin dans leurs visées transhumanistes ?

Vivre beaucoup plus longtemps, un luxe pas que pour les riches ?

D'après le docteur Christophe de Jaeger, spécialisé dans la physiologie de la longévité et récemment interrogé par Atlantico, chacun peut agir au quotidien pour se donner plus de chances d'atteindre un grand âge. Et ce, estime le praticien, avant l'avènement de la médecine régénérative et de ses cellules souches, ainsi que, probablement d'ici 25-30 ans, du "longévisme". Ce dernier terme désigne une "auto-réparation" de notre corps par une intervention directement sur le génome et donc sur l'interrupteur lançant le vieillissement de l'organisme dès 18-20 ans.

Mais de quelles actions parle de Jaeger ? "Nous avons déjà des techniques accessibles à tous et gratuite. Prenons un exemple : la restriction calorique. Elle a démontré à de multiples reprises son efficacité en terme de santé et de longévité chez les petits mammifères et son réel intérêt chez l'homme. On sait maintenant que la restriction calorique interfère naturellement dans le métabolisme cellulaire avec une enzyme mTOR (au même titre que certains médicaments très coûteux) et favorise l'expression d'une plus grande résistance cellulaire au vieillissement et aux maladies (...) donc une plus grande longévité. Qu'y a-t-il de moins cher que la restriction calorique ?" Selon le spécialiste, le vrai clivage à ce niveau d'action se situe pour le moment non pas entre les plus riches et les moins riches, mais surtout entre ceux qui, informés de la chose, "acceptent de le faire et en ont la volonté", et les autres.

Le vieillissement, un processus encore méconnu

Le vieillissement débute à 20 ans, mais reste sur certains aspects un mystère scientifique. "Nous ne savons pas si l'homme est une fleur ou une chaise" déclarait le biologiste Jean Rostand (1894-1977), signifiant par-là qu'une chaise bien entretenue se révèle potentiellement éternelle, quand une fleur porte en elle sa propre destruction programmée. Le scientifique et prospectiviste Joël de Rosnay décrit toutefois le processus du vieillissement découvert par deux chercheurs américains dans les années 60 comme "l'évolution des cellules qui, depuis le tout premier stade embryonnaire, se divisent et se spécialisent (...), [s]'agencent en tissus, puis au bout de cinquante divisions en moyenne, ne se multiplient plus. Elles semblent programmées pour s'arrêter, comme des bougies qui s'éteignent une fois leur mèche consumée. (...) à la fin des années 1980, on a trouvé cette "mèche" biologique. Ce sont des morceaux d'ADN (appelés "télomères"), situés en bout du filament du chromosome de la cellule. Chaque fois que la cellule se divise, un morceau de cette mèche est coupé par une enzyme. Quand il n'en reste plus, le processus s'arrête : la cellule ne se divise plus. Le tissu garde alors les mêmes cellules, il ne se régénère plus, il vieillit."

Quelques chiffres - Combien de temps peuvent vivre :

> Les êtres humains : Officiellement plus de 120 ans.

> Les plus vieux arbres du monde : Cinq millénaires.

> L'éponge de mer : Plusieurs milliers d'années.

> La palourde : Plus de 500 ans.

> Le requin du Groenland : Jusqu'à 400 ans (c'est l'animal vertébré à l'espérance de vie la plus élevée, connu à ce jour, d'après une étude scientifique publiée le 12 août 2016 dans la revue Science).

> Les tortues des Seychelles ou des Galapagos : Plus de 250 ans.

> L'oursin rouge géant : Plus de 200 ans.

> La baleine boréale : Plus de 100 ans.

N.B. : le homard ou la méduse turritopsis dohrnii sont scientifiquement dits immortels, car sans prédateurs ils se régénèrent éternellement.

Des transfusions de sang de "jeune"

Faire appel aux technologies les plus futuristes pour vivre plus longtemps relève-t-il de la science-fiction ou du futur proche ? Des super-riches investissent déjà à coup de millions dans cette course contre la montre biologique, pour rester jeunes à tout prix voire ne jamais mourir.

Peter Thiel est l'un d'eux. Ce milliardaire américain prend au sérieux le concept de transfusion du sang d'une personne jeune à une personne plus âgée pour se régénérer. "C'est selon lui une potentielle fontaine de Jouvence", raconte le journaliste Jeff Bercovici, après l'avoir interviewé. Peter Thiel a précisé qu'il n'avait pas (encore ?) recouru à cette pratique. Baptisée parabiose, celle-ci a déjà fait l'objet d'expériences concluantes sur des souris, comme celle publiée en 2015 dans "JAMA Neurology". La société de biotech californienne Ambrosia propose déjà à de riches particuliers de tester la transfusion de sang de donneurs de moins de 25 ans, dans le cadre d'essais cliniques 100 % privés.

Du maquereau fumé au petit dèj'

Le milliardaire Peter Thiel a confié dans une interview à la Bloomberg TV qu'il avait drastiquement changé son alimentation, dans le but d'atteindre un âge bien supérieur à la moyenne. En parallèle de sa prise d'hormones de croissance, il dit boycotter le sucre et s'astreindre à un régime inspiré de celui des hommes préhistoriques. Quant à Ray Kurzweil, lui aussi Américain et pape du transhumanisme, ce mouvement désireux d'augmenter de façon illimitée les capacités de l'humain, il ingurgite au petit-dèj : fruit rouge, saumon et maquereau fumé, chocolat noir, lait de soja sans sucre, porridge, thé vert... Pratiquement végétarien, il affirme privilégier "les bons glucides et les graisses saines".

Les hormones de croissance

Co-fondateur de Paypal, le milliardaire américain Peter Thiel ne veut pas vieillir et souhaite vivre jusqu'à 120 ans. Il a aussi déclaré être "essentiellement contre" sa propre mort au quotidien The Telegraph. L'entrepreneur californien se traite avec des pilules d'hormone de croissance. Un procédé qu'il a revendiqué sur la chaîne Bloomberg TV, permettant selon lui de maintenir sa masse musculaire ainsi que d'éviter la survenue de blessures osseuses ou arthrite liées au vieillissement. Quant à Ray Kurzweil, employé par Google pour travailler sur l'intelligence artificielle, il prend, à 67 ans, 100 comprimés par jour coûtant quotidiennement plusieurs milliers de dollars, pour la santé "du cœur, des yeux, sexuelle, et du cerveau" et estime que son "âge biologique se situe vers la fin de la quarantaine".

L'éradication des maladies

Bill Maris, alors à la tête de GV, un fond de placement créé par Google en 2009 et très investi dans les biotechnologies, a confié en 2015 qu'il était à son avis possible de faire "vivre l'homme jusqu'à 500 ans". Notamment en réparant les dégradations causées à l'ADN par le soleil, l'alcool ou la cigarette, mais aussi en éradiquant, toujours au niveau moléculaire, les maladies liées au vieillissement comme Alzheimer, Parkinson... Il parle aussi, comme d'autres milliardaires du numérique, de contrôler le cancer d'ici 20 ans, en faisant de la chimiothérapie une technique "primitive" et en pariant plutôt sur l'immunothérapie ou stimulation du système immunitaire.

Le stockage d'un morceau de soi

Depuis juillet 2012, la filiale américaine de la société française Cellectis, entreprise de biotechnologies innovante et reconnue, propose d'offrir l'immortalité aux particuliers. En déboursant 60 000 dollars (environ 56 000 euros), ils peuvent stocker leur patrimoine génétique. Conservé dans un fragment de peau, il est ensuite recyclé en cellules souches embryonnaires par reprogrammation cellulaire. Un procédé scientifiquement possible. L'auto-conservation sans utilisation thérapeutique immédiate est pourtant interdite dans l'Hexagone, qui privilégie les dons anonymes et gratuits. Via sa banque privée, l'objectif officiel de Cellectis est de permettre à ses clients d'auto-réparer ou remplacer leurs futurs organes déficients via leurs cellules souches.

La thérapie génique "pour une jeunesse éternelle"

Début 2016, Elizabeth Parrish, directrice générale de l'entreprise de biotechnologies Bioviva, riche et puissante, a annoncé qu'elle était le premier être humain redevenu plus jeune grâce à une thérapie génique. Cette technologie médicale utilise l'ADN comme un médicament en transférant à un patient des gènes ou fragments de gènes pour prévenir, traiter ou guérir une maladie. A 44 ans, Elizabeth Parrish dit avoir inversé pas moins de deux décennies de raccourcissement des télomères, ces morceaux d'ADN entourant les extrémités des chromosomes et dont la diminution de la longueur accompagne le phénomène de vieillissement.

Des robots miniatures anti-vieillesse

Ils s'appellent Larry Page, Mark Zuckerberg ou Larry Ellison et sont cofondateur de Google, de Facebook ou d'Oracle - une entreprise américaine spécialisée dans la gestion de bases de données. Ces trois milliardaires américains investissent dans des recherches médicales pointues sur la longévité. Pour eux, on peut manipuler organes, membres ou cellules comme les composants d'une machine pour créer à terme une vie sans vieillesse. Les travaux financés par ces entrepreneurs comportent la fabrication de "nanorobots", minuscules robots dont ils pensent qu'ils seront capables de réparer notre corps de l'intérieur, à l'échelle cellulaire. S'inspirer des mécanismes d'organismes vivants à la durée de vie hors norme ou inventer des manières de reprogrammer l'ADN de naissance sont d'autres de leurs défis à l'étude.

Un corps fait de prothèses

Natasha Vita-More préside le mouvement Humanity +, la plus emblématique des associations transhumanistes, créée en 1998. Elle est la femme du penseur Max More, inventeur du courant transhumaniste extrémiste de l'Extropie à la fin des années 80 : foi dans un progrès illimité et remise en question du caractère inéluctable du vieillissement ou de la mort. A plus de 60 ans, cette artiste-designer-enseignante Américaine, adepte du culturisme, possède un corps "d'acier", et veut participer à la création d'un "primo-posthumain" au corps composé de prothèses. Elle a déjà dessiné le prototype de ce corps alternatif amélioré : ouïe parabolique, système de communication à base de fibre optique intégré à la colonne vertébrale…

Un suicide "temporaire"

"La condition humaine m'énerve. Nous avons une durée de vie très courte. Les gens qui pensent que 'mourir c'est simplement la condition humaine. Nous devons l'accepter' sont peut-être forts. Mais je ne suis pas comme eux." Kenneth Hayworth, ingénieur dans le domaine des neurosciences, traduit bien ici le sentiment des transhumanistes. Fortuné et diplômé de Harvard, il a créé la Brain Preservation Foundation (pour "préservation du cerveau"). Et en 2012, le directeur de labo à Harvard aux envies d'immortalité a annoncé qu'il souhaitait se suicider via injection létale pour ensuite ressusciter son esprit dans une enveloppe cybernétique.

Un téléchargement de la personnalité

Télécharger son esprit, de la science-fiction ? Pas pour les adeptes du transhumanisme que sont Larry Page, co-fondateur de Google ou Peter Thiel, cofondateur de PayPal, également sympathisants de la "Singularité technologique" et mécènes de la Singularity University associée. Celle-ci a été fondée par le chercheur et futurologue Raymond Kurzweil, pionnier de l'intelligence artificielle et directeur de l'ingénierie chez Google depuis 2012. Pour lui, "télécharger la totalité de son esprit vers un ordinateur sera possible d'ici 2045". La technique envisagée ? Le mind-up loading, ou téléchargement du vécu d'un individu sur un support numérique non-biologique. Avec accès aux téraoctets correspondants par un procédé d'hyperliens...

Des clones mentaux

Dans son ouvrage "Virtually Human" ("Virtuellement humain"), l'avocate, auteure et femme d'affaire américaine richissime Martine Rothblatt, évoque un monde où s'épanouissent les clones mentaux des humains : dans la veine de ce que dit l'icône du transhumanisme Ray Kurzweil, des répliques numériques mimant l'esprit des individus. La création de ces clones mentaux repose sur le téléchargement, dans une mémoire virtuelle, d'interviews vidéo, de tests de personnalités, de photos et de la vie numérique de personnes humaines. L'intelligence artificielle permettrait alors de créer des clones sensibles capables d'agir, penser, juger, se souvenir ou apprendre par eux-mêmes. Et de donner à leurs doubles de chair et d'os une "existence éternelle". Un de ces robots d'intelligence artificielle a été commandé par Rothblatt, en 2010, à la société Hanson Robotics.

Le transfert dans un autre organisme

Implanter dans un robot humanoïde la reproduction numérique d'un organisme humain est dans les cartons des transhumanistes. Le milliardaire Dmitry Itskov, surnommé le "parrain de l'Internet russe", va plus loin : il a lancé l'Initiative 2045 pour transplanter cerveaux ET consciences humains dans des avatar-hologrammes semblables à l'homme, et ce d'ici 2045. 30 chercheurs travaillent a priori à plein temps sur cette aventure qui semble délirante. L'hybride homme-machine représente pour les transhumanistes la garantie d'un corps moins vulnérable et plus aisément réparable. Un procédé pas tout à fait éternel selon Itskov, pour qui l'on atteindra ainsi "l'âge de 10 000 ans", et se voulant lui-même cobaye de l'Initiative 2045.

Un greffon de porc

Martine Rothblatt était Martin jusqu'à ses 40 ans et la prise d'un long traitement aux hormones. PDG le mieux payé des Etats-Unis (38 millions de dollars à l'année, soit plus de 35 millions d'euros), elle a fondé son propre mouvement transhumaniste (Terasem). Avec Craig Venter, pionnier du séquençage de génome humain, elle a notamment mis sur pied un projet d'élevage de porcs, futurs pourvoyeurs de greffons aux humains ayant les moyens de se les payer. Un "matériau" de plus en plus nécessaire au sein des populations occidentales vieillissantes. Martine Rothblatt espère réussir d'ici 2020 une transplantation d'organe animal-humain bénéfique à long terme.

Une cryogénisation à l'azote

Philosophe et futuriste, Max More est aussi le président d'Alcor, plus grand organisme de cryogénisation aux 140 "clients", se disant à but non-lucratif et situé en Arizona. On y propose de conserver corps et cerveau dans de l'azote liquide, afin de les ramener plus tard à la vie. Cotisations annuelles, dons et assurances vie permettent de financer ce qui se veut une ressuscitation médicale anticipée. Les coûts de cette pratique encore marginale mais néanmoins proposée par plusieurs organismes en Amérique, se révèlent élevés : 80 000 dollars (plus de 70 000 euros) par exemple pour la conservation d'un cerveau.

La recherche académique, pas en reste

Les penseurs, les financiers et autres milliardaires farfelus n'ont pas le monopole du transhumanisme : ces dernières années, la recherche académique s'y est mise elle aussi. Des chercheurs de la Mayo Clinic, haut lieu de la recherche américaine, ont réussi à faire disparaître des cellules touchées par le vieillissement chez la souris. Résultat : 25 % d'espérance de vie en plus. En Suisse, le professeur Johan Auwerx, titulaire de la chaire Nestlé à l'École polytechnique fédérale de Lausanne, a mis en lumière avec son équipe une vitamine redémarrant la régénération d'organes sur des souris âgées. Quant au National Institute of Health, plus haute autorité médicale aux Etats-Unis, il a dit "oui" à l'entreprise Bioquark pour tester une thérapie cellulaire sur 20 personnes décédées. Objectif : ressusciter leurs neurones.

Source: linternaute.com