SOYEZ PRÊTS
Tous les signes sont là, si vous ne le voyez pas et si vous ne le vivez pas, c’est que vous n’avez pas à le vivre. Mais ça ne changera rien à ce qui va se produire sur terre. C’est irrémédiable, irrévocable et c’est maintenant. O.M.A.

14 juillet 2016

Philippines : meurtres autorisés sur les drogués et dealers à Manille

Le nouveau président philippin avait promis la mort aux dealers et aux drogués lors de sa campagne. Plus de 130 personnes ont été tuées depuis le 30 juin.

Comme un scénario de mauvais polar... Depuis l'entrée en fonction du nouveau président philippin Rodrigo Duterte, le 30 juin dernier, des « escadrons de la mort » multiplient les opérations coup-de-poing dans les bidonvilles de Manille, ciblant prioritairement les dealers et les toxicomanes. Le chef de l'État s'était engagé lors de sa campagne à combattre le fléau de la drogue. L'homme politique de 71 ans, à qui ces déclarations ont valu le surnom de « Punisher » (du nom d'un justicier de série B, popularisé par les éditions Marvel), avait promis que 100 000 criminels allaient mourir. « Leurs cadavres, déversés dans la baie de Manille, engraisseront les poissons », avait-il martelé. Son discours semble avoir été entendu.

Inquiétante justice populaire

Le lendemain de son investiture, Rodrigo Duterte a répété devant près de 500 personnes d'un quartier pauvre de Manille qu'il les encourageait à se débarrasser « physiquement » des dealers mais aussi des drogués. « Si vous connaissez le moindre camé, allez-y, tuez-le, ce serait trop douloureux pour ses parents de le faire. Ces fils de putes détruisent nos enfants », avait-il affirmé. Ces propos, rapportés par The Guardian, se traduisent aujourd'hui par une flambée de morts violentes dans la capitale philippine.

Selon le quotidien local Philstar, 18 trafiquants de drogue ont été abattus le week-end qui a suivi son discours, et 72 personnes ont été abattues par des policiers entre le 30 juin et le 7 juillet. Plus de dix jours après, la violence règne toujours dans les rues de Manille. Un autre journal philippin, The Inquirer, tient le sinistre compte des personnes exécutées. Selon lui, 136 personnes ont été assassinées par des « milices » depuis le 30 juin (et 183 depuis le 10 mai). La police confirme que près de 120 individus, présentés comme des trafiquants, ont perdu la vie, en moins de quinze jours. L'ONG Human Rights Watch, qui dénonçait il y a quelques jours les méthodes expéditives de la police brésilienne, s'inquiète du phénomène.

Mardi 12 juillet, le représentant de l'ONG en Asie, Phelim Kine, a ainsi demandé au Sénat de veiller à ce que les magistrats s'emparent de ces affaires afin de faire la lumière sur cette vague de meurtres. Le directeur général de la police philippine, Ronald dela Rosa, a immédiatement répliqué en expliquant qu'une saisine des parlementaires était inopportune et risquait de « saper le moral » des policiers engagés dans la lutte contre le trafic de drogue qui gangrène jusqu'aux hautes sphères de l'armée philippine. Les forces de l'ordre se réjouissent plutôt de la situation. « Plus de 950 dealers se sont rendus à la police, craignant pour leur vie », glisse un porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Source: lepoint.fr

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