SOYEZ PRÊTS
Tous les signes sont là, si vous ne le voyez pas et si vous ne le vivez pas, c’est que vous n’avez pas à le vivre. Mais ça ne changera rien à ce qui va se produire sur terre. C’est irrémédiable, irrévocable et c’est maintenant. O.M.A.

4 juillet 2016

De plus en plus de défenseurs de l'environnement sont tués dans le monde

Un nouveau rapport de l'ONG Global Witness dresse le triste bilan de la lutte des défenseurs de l'environnement contre les industriels qui exploitent toujours plus de territoires et les chassent de leurs territoires illégalement. Protégés par leurs états et des mercenaires, ils n'hésitent pas à tuer pour répondre au besoins grandissants et futiles de notre société de consommation.

Depuis 20 ans, l'ONG Global Witness mène des campagnes contre les conflits et la corruption liés aux ressources naturelles ainsi que contre les violations des droits environnementaux et des droits de l'homme qui y sont associées.

Et le résultat est édifiant : “au lieu de bénéficier aux citoyens d'un pays, l'abondance de ressources naturelles (bois, diamants, minerais et pétrole, entre autres) peut encourager la corruption, déstabiliser les gouvernements et causer des guerres.” s'indigne Global Witness qui vient de publier son rapport annuel “On dangerous Ground” sur les atteintes aux personnes qui protègent l'environnement pour l'année 2015.



2015  : une année noire pour les défenseurs de l'environnement

Malgré tous les discours rassurants et les appels à la mobilisation autour de l'écologie, la situation continue de se dégrader : le vivant est exploité et détruit comme jamais au point que nous sommes officiellement les responsables de la 6e extinction massive de la biodiversité en cours ; les peuples autochtones sont persécutés et spoliés ; presque tous les milieux sont durablement pollués et le climat évolue vers un nouvel équilibre qui compromet l'humanité.

Quelques femmes et hommes résistent, s'organisent et se dressent contre les saccages environnementaux qui mettent en péril leurs existences, parfois millénaires. Seulement, ces activistes se heurtent à de puissants intérêts financiers qui n'hésitent pas à tuer pour développer leurs activités lucratives protégées par les plus puissants.

Ainsi, en 2015, 185 personnes (un record) ont été assassinées parce qu'elles défendaient leurs terres, leurs forêts et leurs rivières contre des industries destructives de notre support de vie. Et le travail d'investigation de Global Witness n'est pas exhaustif et ne donne donc qu'un aperçu de la violence menée contre les défenseurs de l'environnement.

Un chiffre à mettre en parallèle avec les 110 journalistes tués en raison de leur métier ou décédés de morts suspectes en 2015, selon le rapport annuel de Reporters Sans Frontières.

Localisation des activitistes tués en 2015 parce qu'ils voulaient protéger leur environnement
Les défenseurs de l'environnement sont victimes de conflits liés à :

  •     l'extraction minière,
  •     l'agro-industrie,
  •     la construction de barrages hydroélectriques,
  •     la déforestation et les activités forestières,
  •     ainsi qu'au braconnage.

Les régions les plus dangereuses du monde pour les défenseurs de l'environnement

La région de Mindanao (Philippines) est la région la plus dangereuse de la planète pour les défenseurs de l'environnement avec 25 personnes tuées en 2015 : "Nous avons été menacés, vilipendés et tués pour nous être opposés aux compagnies minières qui sont sur nos terres et aux paramilitaires qui les protègent." accuse Michelle Campos qui a ainsi perdu son père et son grand-père en septembre 2015 lorsque 3 000 indigènes furent chassés de leurs terres parce qu'elles regorgent de charbon, de nickel et d'or. "Nous connaissons les meurtriers, ils sont toujours en liberté dans notre communauté. Nous mourrons et notre gouvernement ne fait rien pour nous aider." ajoute Michelle.

En effet, la plupart du temps, les criminels ne sont pas inquiétés car ils profitent de protections importantes dans des groupes paramilitaires, des services de sécurité privée ou encore l'armée ou la police.

Mais c'est au Brésil que le bilan est le plus lourd avec officiellement 50 morts pour l'année 2015. En deuxième position les Philippines avec 33 morts et 26 pour la Colombie.

40 % des personnes tuées appartiennent à des communautés indigènes.

La corruption des Etats explique l'impunité des industriels

Toujours selon le rapport de Global Witness, à l'échelle mondiale, les conflits d'intérêt entre les états et les sociétés protègent les responsables de ces crimes. Ainsi, selon des cas bien documentés, l'ONG a découvert que 16 personnes ont été tuées par des groupes paramilitaires, 13 par l'armée, 11 par la police et 11 par des sociétés privées de sécurité. De plus, très peu de crimes étaient suivis d'enquêtes sérieuses. Ce qui signifie qu'il existe bien un lien fort entre les gouvernements et les compagnies destructrices de l'environnement.

Cette injustice entraîne le soulèvement de plus en plus de personnes notamment en Afrique où les activistes sont marginalisés et dénoncés publiquement comme des freins au développement.

Cette stratégie est également utilisée dans les pays dits développés, comme en France où les défenseurs de l'environnement sont souvent ridiculisés et de plus en plus réprimés comme en témoignent les violences policières sur les territoires des grands projets inutiles et imposés (Notre-Dame-Des-landes, Sivens...). Rappelons que fin 2014,  un activiste de 21 ans, Rémi Fraisse a été tué par des gendarmes alors qu'il protestait contre le projet du très controversé barrage de Sivens.

La responsabilité de notre société de consommation

Ne nous y trompons pas, ces crimes qui nous semblent éloignés trouvent principalement leurs racines dans notre propre mode de vie.

Si aujourd'hui les industriels exploitent toujours plus de territoires pour produire davantage de bois, de minerais et d'huile de palme, c'est avant tout parce que la demande explose, poussée par les consommateurs des pays occidentaux qui succombent à un modèle consumériste, destructeur et sans aucun avenir.

C'est d'ailleurs en partie le slogan de Global Witness : “Recenser les faits, raconter l'histoire, changer le système” qui appelle les gouvernements et la communauté internationale à :
  • Protéger les défenseurs de l'environnement contre les intimidations et les menaces.
  • Enquêter sur les crimes et traduire en justice leurs auteurs, y compris ceux qui ont des intérêts dans des sociétés ou dans la politique.
  • Garantir aux activistes le droit de dire “non” lorsqu'ils protègent leurs terres et s'assurer que les compagnies aient leur consentement pour les exploiter.
  • Résoudre les causes sous-jacentes de la violence contre les défenseurs et reconnaître les droits sur la terre.

Malheureusement, cet appel a peu de chance d'être entendu dans un monde où la consommation et l'accroissement de la population explosent entraînant la raréfaction des ressources naturelles et énergies fossiles. A nous d'y penser dans nos achats au quotidien.

Source: notre-planete.info

Merci à Claire pour l'info.

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