SOYEZ PRÊTS
Tous les signes sont là, si vous ne le voyez pas et si vous ne le vivez pas, c’est que vous n’avez pas à le vivre. Mais ça ne changera rien à ce qui va se produire sur terre. C’est irrémédiable, irrévocable et c’est maintenant. O.M.A.

17 août 2015

Royaume-Uni : les patrons gagnent 148 fois le salaire de leurs employés

L’écart entre les salaires des grands patrons et les employés de base n’en finit pas de grandir au Royaume-Uni. En 2014, les dirigeants des entreprises du FTSE 100 – les cent premières entreprises cotées – gagnaient 148 fois plus que le salaire moyen de leurs propres employés. C’est une très légère hausse par rapport à 2013, quand le ratio était de 146, mais nettement plus qu’en 2011, quand il atteignait 139. C’est surtout trois fois plus qu’en 1998, quand le ratio n’était « que » de 47.

L’étude, réalisée par l’association High Pay Centre et publiée lundi 17 août, révèle que les grands patrons britanniques ont empoché en moyenne 4,96 millions de livres (7 millions d’euros) en 2014. Cela représente une hausse de 20 % depuis 2010.

Pour le High Pay Centre, ces statistiques sont la preuve que les mesures passées en 2013 au Royaume-Uni pour tenter d’enrayer le phénomène ont échoué. A l’époque, une vive polémique avait poussé le gouvernement britannique à donner plus de pouvoirs aux actionnaires sur la question de la rémunération.

Apathie des actionnaires

Depuis 2002, ces derniers bénéficiaient d’un vote consultatif sur le salaire des principaux dirigeants. Mais cela n’avait guère d’effet, comme l’a prouvé le cas de Martin Sorrell, le patron de WPP, le numéro un mondial de la publicité. Une majorité de ses actionnaires s’était opposée à son salaire, mais il n’en avait pas tenu compte et avait tranquillement empoché le chèque.

Depuis 2013, les entreprises doivent donc accorder aux actionnaires un vote sur leur politique de rémunération, et elles sont obligées d’en accepter le résultat. Il ne s’agit cependant que des grands principes de la rémunération : les critères utilisés pour calculer le bonus, le versement du salaire en cash ou en actions, etc. A cela s’ajoute le vote consultatif sur les salaires annuels, qui reste en place. « Il semble que cela n’ait eu virtuellement aucun effet », regrette le High Pay Centre.

La principale explication vient de l’apathie des actionnaires. Jusqu’à présent, aucune entreprise n’a essuyé de défaite sur sa politique de rémunération. La banque Standard Chartered est celle qui a senti le plus le vent du boulet, quand 40 % de ses actionnaires se sont rebellés. Les supermarchés Morrisons (26 %) et la banque HSBC (21 %) ont également connu des assemblées générales mouvementées.

Seules deux entreprises retoquées

Quant aux votes sur les salaires annuels (qui sont consultatifs), seules deux entreprises ont été retoquées en 2014. Les actionnaires de Burberry ont refusé la prime de 21 millions d’euros accordée à son nouveau directeur général, Christopher Bailey. A l’autre bout de l’échelle, André Lacroix, un Français qui dirige Intertek, une entreprise de contrôle de qualité et de relativement petite taille au sein du FTSE 100, a renoncé à son bonus garanti de 790 000 euros quand 51 % des actionnaires s’y sont opposés.

Derrière l’envolée des hauts salaires se cache cependant une nouvelle tendance intéressante : d’un côté, une poignée de rémunérations particulièrement exorbitantes semble en pleine dérive ; de l’autre, une (très légère) modération apparaît. En 2014, Martin Sorrell de WPP et Ben van Beurden de Shell ont fait partie du premier camp, avec des émoluments respectivement de 60 millions et de 27,5 millions d’euros. En revanche, la rémunération médiane des patrons a baissé en 2014, de 2,5 %, même si elle reste de 5,4 millions d’euros.

« Peut-être que ça commence à ralentir, relativise Deborah Hargreaves, la directrice du High Pay Centre. Mais on n’est pas du tout en train de revenir aux niveaux d’antan, ni même d’il y a seulement cinq ans. »
 
Source: lemonde.fr

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