SOYEZ PRÊTS
Tous les signes sont là, si vous ne le voyez pas et si vous ne le vivez pas, c’est que vous n’avez pas à le vivre. Mais ça ne changera rien à ce qui va se produire sur terre. C’est irrémédiable, irrévocable et c’est maintenant. O.M.A.

18 août 2014

Le vrai visage de la police des frontières Américaine

Bien sûr, les personnes qui viennent de se faire licencier sont souvent amères. James F. Tomsheck ne fait pas exception. Dans un entretien accordé au Center for investigative reporting, l'homme, récemment révoqué de ses fonctions de haut-commissaire du département des douanes et de la protection des frontières, revient longuement sur le cadre dans lequel il a travaillé pendant huit ans.

Une interview non autorisée par la police dans laquelle l'ancien responsable revient sur les accusations qui visent le département, alors que 28 personnes ont été tués depuis 2010 dans le cadre des actions menées par la police des frontières. L'homme accuse notamment son ancienne hiérarchie de couvrir ces meurtres.

Le site américain Buzzfeed résume ainsi les révélations de cet ancien responsable :

1 - Des rapports de police tronqués
"Dans quasiment tous les cas, la direction du département de contrôle des frontières a essayé de justifier les coups de feu tirés par leur policier plutôt que de rendre un rapport honnête sur les circonstances de la mort", affirme l'ancien responsable.

Selon James F. Tomsheck, au moins un quart des 28 morts depuis 2010 impliquant des policiers du département sont "très suspects". Dans au moins un cas, l'ancien responsable affirme même que le département a affirmé que la personne abattue se trouvait sur le sol américain "alors que ce n'était clairement pas le cas".

2 - Un climat d'impunité

"La police aux frontières s'est constuite en interne une image de force de sécurité paramilitaire et non d'une agence chargée de faire appliquer la loi", explique James F. Tomsheck. Une vision distordue de la réalité qui est savamment entretenue par la hiérarchie, et qui est à l'origine du climat d'impunité qui règne dans le département et favorise les dérapages, selon l'ancien responsable.

3 - Une corruption massive

James F. Tomsheck affirme qu'entre 5 et 10 % des agents sont coupables de crimes et délits , que ce soit de corruption parce qu'ils acceptent de l'argent de la part des passeurs, de vol ou de diffusion d'informations sensibles. Un constat que l'ancien responsable affirme avoir rapporté à ses supérieurs, qui l'ont prié de se taire car le propos "ne respectait pas le message du département".

4- Une redéfinition opportune

Depuis 2004, 170 officiers de police ont été arrêtés ou poursuivis pour corruption, selon le enter for Investigative Reporting. Mais ces arrestations ont baissé ces dernières années, selon James F. Tomsheck, notamment grâce à une "redéfinition" du délit de corruption en interne, épargnant de facto de nombreux suspects.

 5 - Des criminels dans les équipes

Suite aux attentats du 11-Septembre 2001, le département a procédé à un vaste plan de recrutement. Entre 2004 et 2011, les effectifs de la police des frontières sont ainsi passé de 10 000 à 21 000. L'ancien responsable est convaincu que des criminels ont infiltré le service au moment de ce recrutement massif. Selon lui, 55 % des postulants ont été éliminés après avoir échoué au test du détecteur de mensonge, mais tous les candidats n'ont pas été testés car l'examen n'était pas obligatoire à l'époque.